Festiv’Arex 2019 : de grands auteurs et des créations collectives.

Beau succès public cette année encore pour nos jeunes comédiens. Au programme, quelques grands noms et deux collaborations avec des artistes. Récit de deux semaines de théâtre au Collège...

De grands textes pour des spectacles de qualité.

Vendredi 17 mai, 18h00. Les 5 Arex de Caroline Ghesquière se concentrent dans les coulisses. Ces jeunes filles se préparent à défendre Musée haut, musée bas du grand auteur Jean-Michel Ribes. Cette pièce, fantaisiste, parfois subversive, emmène le spectateur dans un musée cocasse, habité par des œuvres curieuses, des gardiens de chefs d'œuvre, des statues vivantes, des artistes fous... Nos jeunes artistes incarneront avec énergie, plaisir et créativité tous ces personnages loufoques.

Oscar et la Dame rose d'Eric-Emmanuel Schmitt raconte l'histoire d'un petit garçon de 10 ans, condamné par un cancer. Il rencontre à l'hôpital Mamie-Rose qui invente un jeu qui lui permettra de savourer sa vie à tout âge. Il écrit alors des lettres à Dieu, dans lesquelles il raconte sa maladie, ses histoires d'amour, sa réconciliation avec ses parents. La classe de 3 Arex de Maurice Lambiotte a partagé cette belle histoire, dans une mise en scène dépouillée et limpide, tout au service de l'émotion, arrachant au passage quelques larmes à un public conquis.

Avec Le magasin des suicides, adapté du célèbre roman de Jean Teulé et interprété par les 4 Arex de Christelle Thiry, on change complètement de genre. Humour noir, personnages hauts en couleur, mise en scène pleine de fantaisie ont amusé les spectateurs intrigués par cette histoire à première vue macabre, mais qui se clôt par une morale pleine d'espoir. Un beau travail d'adaptation théâtrale d'un roman.

Encore une adaptation d'un grand roman avec Sa majesté des mouches de l'auteur britannique William Golding, par les 3 Arex de Maurice Lambiotte. Des garçons se retrouvent sur une île déserte suite à un accident d'avion. Livrés à eux-mêmes dans une nature sauvage, ils tentent de s'organiser. Mais bien vite, des clans se forment et la civilisation disparaît au profit de la violence et d'un retour à un état proche de l'animal. Nos jeunes comédiens se sont dépassés pour incarner ces personnages avec sincérité et prise de risques. Pas une seconde, on ne s'ennuie devant un texte coup de poing.

Avec Comme un poisson dans l'air de Jean-Pierre Martinez, les 4 Arex de Caroline Ghesquière ont choisi un texte d'un auteur moins connu, mais tout autant intéressant puisqu'il soulève des questions philosophiques avec humour et poésie. Un joli travail d'interprétation pour ces jeunes filles, qui ont en outre montré leurs talents musicaux.

Des collaborations pour des créations collectives autour des réseaux sociaux et du harcèlement.

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les réseaux sociaux et que vous n'avez jamais osé demander : challenges, défis, influenceurs, buzz, place du GSM chez les jeunes sont au centre de Blue2.0, création collective des 5-6 Arex. Ce projet est issu d'une collaboration avec l'auteur et comédien Didier Poiteaux qui nous a initiés au théâtre documentaire, qu'il pratique dans ses propres créations (Suzy et Franck et Un silence ordinaire), vues par les jeunes cette année. Nous avons fait des recherches, cherché des témoignages, interrogé des gens, fait des improvisations, beaucoup discuté afin d'écrire cette pièce destinée à un public jeune et adulte. Olivier Lenel, metteur en scène de Didier Poiteaux, a apporté tout son talent pour mettre le texte en espace et en jeu. Ce projet a reçu le soutien de l'asbl IThAC et de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Chaque représentation a été suivie d'un échange avec le planning familial et l'AMO, très intéressés par les thématiques soulevées par la pièce. Il n'est pas impossible qu'on reparle de Blue2.0 l'année prochaine.

Le Brocoli Théâtre, au Collège, on connaît. Gennaro Pitisci et Maïté Ranson font presque partie de notre école, tant leurs présences à l'école sont fréquentes.... On se souvient de Je l'aime un peu beaucoup, spectacle de sensibilisation et de prévention autour des relations amoureuses des jeunes, créé en 2014 et joué depuis lors 46 fois à Bruxelles et en Wallonie. C'est de nouveau la commune de Saint-Josse qui est à l'initiative de Brut(es) de décoffrage, projet ambitieux qui jette des ponts entre des artistes et l'enseignement. La pièce se présente comme une suite de tableaux illustrant différentes situations de harcèlement, qui peuvent dans certains cas avoir des conséquences tragiques. Elle a été créée à l'Espace Pôle Nord à Bruxelles le 26 avril, et bien entendu jouée à quatre reprises au Festival, dans les conditions professionnelles que rendent possibles Joss et David, les régisseurs du Brocoli. Brut(es) de décoffrage est dès à présent programmé au théâtre de Sambreville en octobre prochain, et à Bruxelles en novembre. Un nouveau défi à relever pour nous, puisqu'il faudra remplacer les élèves de 6 Arex qui seront partis vers d'autres horizons...

Michel Nolevaux

Les photos de Brut(es) de décoffrage en cliquant sur ce lien !

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