Trois implantations ... une même philosophie !

Des représentants du CSA au Bangladesh

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Du 4 au 11 novembre dernier, Sara Pietequin (élève de 5GC), Marc Luyten (professeur au 3e degré) et Mady Sindic (Ecole St François) ont participé à un Projet Triangle au Bangladesh.
Le récit de cette riche aventure en lisant la suite ...

 

Action Damien avait en effet décidé d’envoyer des représentants de deux établissements scolaires de la région de Charleroi (notre Collège et l’Institut de la Providence à Gosselies) en visite dans ses projets de lutte contre la lèpre et la tuberculose. 

Concrètement, pourquoi êtes-vous allés au Bangladesh durant une semaine durant le mois de novembre ? 

Marc : Le but de notre voyage était double. D’une part, nous avons eu la possibilité de nous rendre de compte de nos propres yeux de la manière avec laquelle Action Damien dépiste et traite les malades atteints de lèpre et de tuberculose. Ces deux maladies, qui ont pratiquement disparu dans notre pays, continuent à frapper les populations pauvres de nombreux pays du Sud. Ainsi, rien qu’au Bangladesh, environ 800 nouveaux cas de lèpre et 25 000 nouveaux cas de tuberculose ont été détectés en 2009. Par ailleurs, accompagnés de journalistes de radio (Bel-RTL) et de télévision (TéléSambre), nous avons contribué à la réalisation d’un reportage qui retrace les différentes étapes de notre parcours de découverte et qui collecte nos émotions et nos réactions aux moments-clés du périple. Ce reportage sera diffusé le samedi 28 janvier prochain en multidiffusion à partir de 18H30 sur TéléSambre, au moment où la campagne de vente des marqueurs battra son plein. 

Investis de cette mission, qu'avez-vous observé sur le terrain? Quelles sont les conditions de vie dans ce pays. 

Sara : Nous sommes allés là-bas dans le but de voir le travail qu’Action Damien réalise sur le terrain. Nous avons visité des hôpitaux d’Action Damien mais aussi de l'Etat, en observant comment ils utilisent les moyens financiers et humains réduits dont ils disposent. Nous nous sommes également intéressés aux conditions de vie dans lesquelles vivent la plupart des personnes ; elles sont souvent déplorables (pas d'électricité, pas d'eau courante, un salaire mensuel de 16 à 25 €) Les Bangladeshis n'ont que le strict minimum pour pouvoir survivre. De plus, ils n'ont aucune éducation en matière d’hygiène. Ainsi, il y a très peu de poubelles, voire pas du tout. La problématique des déchets semble n’avoir pas vraiment été prise en compte. 
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Marc : Il est difficile de résumer en quelques lignes le contenu d’une telle expérience. Sur place, nous avons eu la chance d’être accompagnés par Willem Gees, un guide exceptionnel. Ce Belge polyglotte, établi depuis une dizaine d’années à Dhaka, connaît de l’intérieur le fonctionnement d’Action Damien au Bangladesh. C’est lui qui nous a fourni les clés pour nous permettre de comprendre en profondeur la manière avec laquelle Action Damien prend en charge des malades. Malgré les moyens réduits dont elle dispose, l’association met tout en œuvre pour accroître l’efficacité du dépistage, la rapidité et la fiabilité du diagnostic, la qualité du traitement et des soins. Plus, Action Damien se préoccupe de la réinsertion des malades soignés dans leur milieu de vie. Partout, on perçoit une véritable mobilisation du personnel soignant, recruté quasi exclusivement sur place, qui se répercute en bien sur les patients. Ceux-ci sont conscients d’être dans de bonnes mains et ils retrouvent peu à peu l’espoir d’une guérison et d’une vie meilleure. 

Si demain, on vous demandait de retourner au Bangladesh, quelle serait votre réaction? 

Sara : Je ne sais pas comment je réagirais ; j'hésiterais, franchement. Mais je crois qu'au final, j'accepterais parce que c'est vraiment une expérience unique. 
Marc : Je serais très heureux qu’on me fasse à nouveau cette proposition. La semaine que nous avons vécue sur place a passé tellement vite… J’aimerais revoir le pays en adoptant un rythme plus proche de celui des Bangladeshis. Durant tout le séjour, ceux-ci se sont montrés chaleureux et très intéressés par notre venue. Malgré l’obstacle de la langue, nous avons réussi à établir avec eux un contact souvent amical, soit en benglish (la version locale de l’anglais), soit en utilisant les quelques mots de bengali que nous avions appris : ké-mona-tchèn ? (« Comment allez-vous ? »), do-noo-vat (« Merci »), apnar-nam-ki ? (« Comment t’appelles-tu ? »). Quelques mots simples mais qui avaient le don de déclencher le sourire chez nos interlocuteurs. 
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Quel souvenir de voyage restera à jamais gravé dans votre mémoire?

Sara : Les enfants. C'est ce qui m'a le plus marquée, c’est de voir des enfants de 5-6 ans travailler pour survivre, chercher dans les poubelles de quoi manger, mendier sur les routes,... Et malgré tout cela, ceux-ci ont un sourire magnifique, qui nous fait vraiment chaud au cœur. Même s'ils n'ont rien, ils gardent le sourire, ils ont la joie de vivre en eux et nous la font partager. C'est bien sûr vraiment triste de les voir ainsi, mais ça nous permet de nous remettre en question car en même temps, leur sourire, c'est magique... 
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Marc : Quelque chose m’a beaucoup frappé. Nous nous trouvions dans l’indescriptible cohue de la gare de Mymensingh, où nous attendions le train « du bout du monde » qui devait nous ramener vers Dhaka. Au moment où nous allions monter, notre attention a été fixée par des dizaines de voyageurs sans billet, qui escaladaient les wagons et se cramponnaient au toit. Le train démarra et s’engagea dans la campagne, éclairée par le soleil couchant. En roulant, nous pouvions voir les ombres de ces voyageurs qui s’allongeaient de plus en plus dans le vert tendre des rizières, jusqu’à disparaître dans la nuit noire… Poignant ! 
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Quel message voudriez-vous faire passer aux élèves et aux professeurs du Collège Saint-André ? 

Sara : Leur faire comprendre qu'il faut continuer à se battre pour ces personnes et à aider l'Action Damien qui fait un travail extraordinaire. Sans eux, le Bangladesh mais aussi les autres pays dans lesquels Action Damien est présente, seraient dans une misère pire que ce que l'on a pu voir. Il ne faut pas lâcher l'affaire. Si chacun achète une pochette de marqueurs, ce n'est pas une vie qu'on sauvera, mais des milliers. Parce que quand Action Damien guérit une personne, il lui redonne une chance de vivre, un espoir non seulement à elle mais aussi à sa famille et à son entourage.  
Marc : En acceptant de partir avec Action Damien, nous nous sommes engagés à devenir des témoins dans notre école et dans notre entourage. Nous avons donc à cœur de faire partager cette expérience qui nous a bouleversés. Dans le courant du mois de janvier, nous nous mettrons à la disposition des classes pour pouvoir montrer et commenter les images que nous avons ramenées de notre voyage. Nous espérons qu’elles susciteront de l’intérêt au sein de notre école et que de nombreux élèves et professeurs accepteront de nous aider à soutenir le combat mené par Action Damien.