Trois implantations ... une même philosophie !

Reprise de deux spectacles du cours d’Arex en ce début d’année scolaire

Le festival AREX est un événement que beaucoup attendent fin mai. Mais voilà que s'installent une nouvelle habitude : certains spectacles sont repris l'année suivante avec des élèves enthousiastes, motivés et talentueux.

Qui a-t-il de commun entre Les Enfants d'Edward Bond, Hyperland de Michel Bellier, Cendrillon de Pommerat ou Je l'aime un peu beaucoup ? Ce sont tous des spectacles du cours d'Arex qui ont continué leur vie après le festival. Chaque fois, il a fallu reprendre les répétitions, parfois remplacer des comédiens absents, retrouver la magie, comme l'écrit très bien Honorine (voir plus loin dans cet article).

L'aventure continue pour Je l'aime un peu beaucoup, pour la quatrième année consécutive. La distribution a de nouveau été revue : certains comédiens sont là depuis le début, d'autres nous suivent depuis trois ans, d'autres encore, en rhéto cette année, nous ont rejoints. Le succès a de nouveau été au rendez-vous fin octobre au Centre Culturel de Sambreville, accueillant près de 700 jeunes spectateurs de plusieurs écoles de la région en trois représentations. Comme chaque fois, la pièce est suivie d'un débat avec le public, animé par des associations qui traitent des problèmes de violence dans les relations amoureuses des jeunes. Cette fois encore, les échanges ont été riches, parfois tendus ou émouvants.

Le projet a été présenté fin novembre à l'événement « L'EVRAS (Education à la Vie Affective et Sexuelle) dans tous ses états », organisé sur le site de Tour et Taxis par la Fédération Laïque de Centres de Planning Familial. De nombreuses associations ont de nouveau marqué leur intérêt pour ce spectacle de prévention et de sensibilisation et plusieurs demandes sont examinées par le Brocoli Théâtre. De nouvelles représentations devraient avoir lieu en mars prochain. A suivre donc...

Un deuxième projet, d'une qualité exceptionnelle, méritait aussi de nouveaux applaudissements cette année. Je m'arrête et passe la plume (enfin, le clavier) à Honorine.

Jouer « Cendrillon » de Pommerat pour la première fois au mois de Mai 2016 a été pour nous une expérience inoubliable. Nous n'avions jamais vécu un tel engouement, et jamais vécu de « standing ovation » telle qu'on les voit dans les grands films américains (même si notre salle ne contient que 150 places  ). C'était pour nous un rêve éveillé dont on ne voulait pas sortir. Au sortir des représentations, nous sommes donc restés en hibernation. Tout nous faisait penser à Cendrillon (des expressions, des mots, une manière de parler, des gestes,...).

Puis un jour, Monsieur Lambiotte nous a annoncé la possibilité d'une reprise au mois de novembre. Nous avons tous sauté sur l'occasion de pouvoir remettre les pieds dans cette aventure (aussi beau qu'un conte, ou un rêve,...), sans en mesurer les difficultés. Plus le travail avançait et plus nous étions déprimés car tout le monde sait qu'une fois réveillé, il est impossible de replonger dans son rêve. Nous avions peur d'être déçus et de décevoir les gens qui n'avaient jamais vu la pièce et ceux qui la verraient pour la deuxième fois. Tout ce qu'on voulait, au final, c'était ne rien réécrire sur la page de Cendrillon. Nos avions peur. Mais comme on ne peut rompre une promesse, nous devions aller jusqu'au bout et rejouer notre spectacle. En deux mois de vacances, notre manière de jouer, notre personnalité, ... beaucoup de choses avaient changé, Cendrillon n'était plus la même et ça nous effrayait. On savait ce qui avait fonctionné et on n'avait peur de ne plus pouvoir l'offrir au public.

Puis, le grand jour tant attendu arriva. Le stress monta ENFIN, les gens se sont installés et nous avons commencé avec beaucoup d'appréhension les premières répliques. Mais s'il y a bien une chose que Monsieur Lambiotte nous a apprise, c'est de jouer pour le public et pour nous. C'est ce qu'on a fait, on a joué ensemble, en souvenir de notre premier passage et la magie a agi. Ce qui est fantastique c'est qu'on n'a rien réécrit sur la page de Cendrillon, on en a juste ajouté une. Ces dernières représentations nous ont apporté de nouveaux souvenirs, nous ont rapproché et nous ont permis de nous dévoiler autrement.

Michel Nolevaux et Honorine Guillaume.

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