Trois implantations ... une même philosophie !

Dans les coulisses de votre courrier Saint-André…

Cela fait tout juste un an que j'ai été amenée à reprendre la mise en page du Courrier Saint-André. Ce petit journal, que vous recevez trois fois par an, a vu le jour il y a des dizaines d'années, et n'a pour seule prétention que de partager avec vous la vie et les projets de notre Collège...

Jean-Pol Legrain, qui s'en est occupé durant des années, nous raconte : « Quand je suis arrivé au Collège, le Courrier existait déjà. Il portait le même nom. Il était écrit par la bande de Namur... François Pierrard, aujourd'hui décédé, Jean-Jacques Dewitte... sous la houlette de Monsieur l'Abbé Detienne, qui m'a demandé de m'en occuper à mon arrivée. Le Courrier Saint-André était plus caustique qu'aujourd'hui. Je le dactylographiais et le mettais en page avec les moyens du bord. Nous le photocopions ensuite. Du temps de Monsieur Matte, l'ordinateur aidant, je le mettais en page et Ricoh s'occupait de l'impression. A l'arrivée de Monsieur Avet, nous avons recommencé à le tourner nous-mêmes. C'était fastidieux et plein d'imprévus. C'est à ce moment que nous avons fait appel à un imprimeur. Nous y gagnions sur tous les plans. Je pense donc que le Courrier existe depuis la création du Collège, même s'il a connu des interruptions. Il est surement possible de retrouver les premiers numéros dans nos archives, même si le papier a probablement un peu jauni. »

Si sa conception a beaucoup évolué ces dernières années, elle n'en reste pas moins très « artisanale » et passe par de nombreuses étapes avant d'arriver entre vos mains.
La première, c'est l'écriture des articles dont vous êtes les auteurs. Ils sont ensuite récoltés, lus, corrigés et mis en page par l'équipe de rédaction. Une fois créé, notre précieux Courrier part chez l'imprimeur. Depuis quelques années, c'est l'imprimerie Watelet, située à Arsimont, et dirigée par Charles et Muriel, qui en a la tâche délicate. Il y a quelques mois, Monsieur Watelet avait gentiment proposé de venir visiter l'imprimerie et de lancer, ensemble, l'impression du journal. Monsieur Avet, Monsieur Hermal, et moi-même avons donc eu le plaisir de découvrir l'envers du décor en mars dernier, lors de l'impression de notre édition de Pâques.

Notre fichier arrive chez Watelet et passe entre les mains des infographistes, Emilie et Romain (Romain Vinchent, infographiste diplômé, ancien élève du Collège). Ils le corrigent et le retravaillent avant de l'envoyer à l'atelier. Le fichier est mis sur le réseau et c'est au tour de David de prendre les commandes. Chaque page est imprimée en 4 exemplaires (correspondant aux 4 couleurs d'impression : noir, magenta, cyan et jaune) sur des plaques métalliques « Off Set ». Celles-ci vont « s'imprimer » de parties poreuses et de parties lisses, permettant à l'encre d'accrocher aux endroits désirés. Une fois les plaques imprimées, David les emporte sur sa console afin de paramétrer l'intensité des couleurs sur « l'imprimante ».

Nous parlons ici d'une machine de plusieurs mètres de long, partagée en 4 modules, correspondant aux 4 couleurs d'impression. Les plaques « Off Set » sont alors placées dans chaque module, ainsi que plusieurs litres d'encre. Chaque plaque est alors encrée délicatement par la machine. Elles passent ensuite sous un rouleau « mouilleur » qui va humidifier légèrement nos plaques et permettre à l'encre de s'accrocher. A l'autre extrémité, la machine va avaler plusieurs feuilles à la fois, et les faire passer sous les différentes plaques, pour sortir à l'autre bout, à une vitesse incroyable, avec un rendu net et fidèle à l'original.
En sortant de l'imprimante, une fine couche de talc est projetée sur chaque feuille, empêchant l'encre fraiche de « fuser » sur les autres.

Pendant tout ce processus, David reste aux commandes, vérifie (à la loupe) régulièrement les impressions afin d'ajuster les paramètres, repérer les défauts, régler l'intensité des couleurs, répondre aux alertes de la machine... Aucun détail ne lui échappe, pas même ceux que nous ne voyons pas à l'œil nu. Il se montre très vigilant et on peut dire qu'il connaît sa machine par cœur. De nombreux facteurs extérieurs sont à prendre en compte (la température de la pièce, par exemple) car ils peuvent influencer la matière et compliquer le travail. Cette grosse machine peut se montrer parfois capricieuse et demande une attention toute particulière. Elle ne permet pas l'impression en recto/verso simultanément car elle n'est pas pourvue d'un four. Dans le cas de notre journal, les rectos sont imprimés dans un premier temps, prennent un petit temps de séchage, avant d'être réintroduit dans l'imprimante pour imprimer les versos. Un temps de séchage supplémentaire est nécessaire avant l'assemblage. Nos différentes pages sont alors placées dans une autre machine, qui va assembler, plier et agrafer nos feuillets, pour donner vie à notre journal.

Le travail minutieux de l'assemblage, mais aussi du pliage, des découpes et des mises en forme, est assuré par Patricia. Notre journal est imprimé en 1850 exemplaires, et demande à l'imprimeur 2 à 3h de travail.
Monsieur Watelet est avant tout un passionné. Il nous a fait visiter son imprimerie, son univers, avec fierté et pédagogie, ne pouvant qu'éveiller notre intérêt. Il nous a montré ses nombreuses machines, permettant une infinité de possibilités, tant au niveau des impressions, des supports, des formats, et des couleurs. Nous avons eu le plaisir de découvrir un de ses petits « trésors » : une ancienne et magnifique imprimante.

Celle-ci ne sert plus à l'impression, mais toujours à la découpe, à l'aide de gabarits (réalisés « sur mesure » par un « formeur »). Il était très intéressant de visiter un tel lieu, mélange de modernité par l'utilisation de ces grosses machines très « automatisées » mais où l'intervention de l'homme est encore indispensable, et permet un travail artisanal et « humain ». Nous remercions infiniment Monsieur Watelet et son équipe de nous avoir ouvert les portes de leur entreprise. Il nous tenait à cœur de le partager avec vous, puisque : « Le Courrier Saint-André, c'est vous ! ».

 

M. Bouchez