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Paul Sobol : un témoignage poignant

Dernièrement, les élèves du Collège Saint André ont assisté au témoignage poignant de cet homme de 88 ans qui a survécu aux camps de concentration.

Cet homme, avec qui j'ai eu la chance de retourner à Auschwitz, qui a survécu au pire camp de concentration se déplaçait en effet afin de transmettre son témoignage sur cette terrible période de l'histoire.

« C'est aussi une chance pour nos élèves d'accueillir un témoin direct de cette période. Nous ne voulons pas tomber dans le tragique, mais confronter nos jeunes à certaines réalités. Ils ont 15ou 18 ans et peuvent se mettre à la place de l'homme présent devant eux, qui a rejoint les camps de concentration au même âge.»

Discours plein d'émotions
Avant d'entamer son témoignage, Paul Sobol a demandé à l'assemblée de fermer les yeux pour mieux l'accompagner dans son histoire. Dans un calme irréprochable et sur un ton très captivant, de par son passé dans la communication, l'homme a alors démarré son récit. Plus de deux heures durant, il est resté là, debout face aux élèves, en oubliant ses 88 ans, pour évoquer les plus douloureuses années de sa vie. Deux ans de cachette à Bruxelles, une dénonciation, une prise par la Gestapo en juin 1944, un rassemblement à Malines et une déportation de trois nuits en train menaient alors tout le monde vers Auschwitz, en Pologne. «Vous pouvez ouvrir les yeux. Ca y'est nous sommes dans un camp », a-t-il indiqué aux élèves.
Les yeux grands ouverts, comme pour bien regarder en face une triste réalité. Celle d'un calvaire quotidien propre aux camps de concentration, qui a duré jusqu'au début de l'année 1945. C'est en avril 1945, que Paul Sobol a retrouvé la liberté en s'échappant d'un train à l'arrêt dans les champs allemands. À 19 ans, sans ses parents et son petit frère, tués à Auschwitz, il a dû reconstruire sa vie. Sa jeune sœur s'en est aussi sortie. Il a trouvé un soutien dans la famille de Nelly, sa fiancée au moment de la déportation. «J'ai été obligé de m'organiser. D'ailleurs, vous aussi, vous avez tous quelque chose dans vos tripes. Avec de l'imagination, il y a toujours moyen d'y arriver. Tout le monde peut le faire », a-t-il dit à son public en évoquant son parcours de vie. « Pour moi, le camp a été une école de vie. Désormais, je vois tout de manière positive et prends les bons côtés de la vie.»

Une grande leçon qui se poursuivra par le voyage en Autriche des sections professionnelles du site des auges. Le camp de Mauthausen sera visité fin avril afin d'y réaliser un reportage qui sera présenté lors d'une grande exposition qui sera proposée au collège fin mai.
Plus d'informations suivront, n'en doutez pas...

Gérard Sébastien